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Jehanne Henin Traductrice littéraire

Secteur de l’édition : l’après-Covid-19

, 19 mai 2020

La crise sanitaire de la Covid-19 n’a épargné aucun secteur. Alors que les mesures de confinement commencent peu à peu à s’assouplir, ce sont aujourd’hui des millions et des millions de personnes dans le monde qui luttent pour sauver leur emploi. L’édition et l’industrie du livre en général ne sont évidemment pas épargnés.

Un secteur de l’édition durement touché par la crise

Quand je parle du secteur de l’édition, je pense aux éditeurs, mais aussi à tous ces métiers qui gravitent autour d’eux : les auteurs, les traducteurs, les correcteurs, les graphistes, les imprimeurs, les distributeurs et, bien entendu, les libraires (d’avance pardon à ceux que j’aurais oubliés). Même si les librairies ont enfin rouvert leurs portes depuis le 11 mai, cette longue fermeture a provoqué une chute abyssale des ventes et, par conséquent, des rentrées pour chaque maillon de la chaîne du livre. Avec le confinement, plus de 5000 nouveautés ont vu leur sortie reportée, certaines sine die. Sans parler de l’annulation des salons et des rencontres, qui constitue un manque à gagner important, et des coûts engagés non récupérés. Pour certaines grandes maisons comme Gallimard, la perte représente près de 90 % du chiffre d’affaires pour les mois concernés, environ 30 % sur l’ensemble de l’année. Ce chiffre serait encore plus élevé pour les petites maisons d’édition qui publient entre 5 et 10 livres par an. Et ce malgré la véritable explosion constatée du côté des ventes d’e-books.

Des aides jugées insuffisantes

Certes, des aides ont été mises en place pour contrer les effets de la crise de la Covid-19, mais celles-ci sont nettement insuffisantes. Le Centre national du Livre a créé un plan d’urgence doté d’une enveloppe de 5 millions d’euros, parmi lesquels 850 000 euros sont réservés aux maisons d’édition dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 500 000 euros. Un éditeur peut ainsi prétendre à une aide comprise entre 3 000 et 10 000 euros, ce qui correspond à peu de choses près à ce que coûte la production d’un seul livre.

Des conséquences désastreuses pour tous les maillons de la chaîne

La pandémie de Covid-19 laissera de profondes séquelles. Il faut malheureusement s’attendre à enregistrer une vague de faillites et de nombreux licenciements. Par ailleurs, plus ou moins toutes les maisons d’édition ont déjà pris la décision de réduire leur production, notamment pour ne pas submerger les librairies et laisser une chance aux auteurs dont le livre est sorti juste avant le confinement. Pour les petits indépendants qui travaillent pour les maisons d’édition, en revanche, la réduction du nombre de parutions n’est pas forcément une bonne nouvelle. Pour la plupart des traducteurs, par exemple, cela signifie : plus de nouveau contrat jusqu’à nouvel ordre. C’est tout un segment de la chaîne du livre qui se retrouve dans l’expectative.

L’État appelé au chevet de l’édition

En France, le Syndicat national de l’édition réclame un plan de relance de 8 à 10 millards d’euros en faveur des industries culturelles et créatives. Dans une interview pour le magazine Livres Hebdo, Vincent Montagne, le président du SNE, estime qu’en l’absence d’un plan ambitieux, seules les maisons d’édition dotées de fonds propres solides pourront s’en sortir. Les autres, autrement dit la grande majorité, risquent bel et bien de ne pas s’en remettre.

Et le lecteur ?

Diverses initiatives solidaires ont été lancées afin de promouvoir la lecture et d’encourager la fréquentation des librairies après le déconfinement. Cela étant dit, chacun peut, à son niveau, contribuer à relancer l’industrie du livre. Déjà, tout simplement, en rendant visite à sa librairie de quartier au lieu d’acheter sur Amazon.

L'après Covid-19 : soutenir l'économie locale

Même si vous préférez éviter de vous précipiter dans les magasins, de nombreux libraires indépendants ont profité de la crise du coronavirus et du confinement pour lancer leur boutique en ligne, avec livraison à domicile. Si, au contraire, vous vous êtes découvert une passion pour la lecture sur liseuse, pas de souci ! Mais là encore, pensez à d’abord visiter le site de l’éditeur ou celui d’une librairie indépendante. Ceux-ci sont de plus en plus nombreux à proposer des livres numériques. Enfin, oubliez temporairement les best-sellers et partez à la découverte des petites maisons d’édition indépendantes (au besoin, demandez à votre libraire de vous aiguiller).

En résumé : lisez ! C’est bon pour vous et c’est bon pour l’économie !

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Commentaires

Avatar de Brigitte HENRY
Brigitte HENRY
19 mai 2020

Inutile de rappeler les bienfaits de la lecture mais, comme dans cet article, il faut encourager à acheter ses bouquins dans de petites librairies et pas sur des sites qui n'apportent rien à la société!

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