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Jehanne Henin Traductrice littéraire

Jackpot !

, 23 janvier 2020

Jackpot - Stéphane Boudy

Jackpot !
de Stéphane Boudy

La quatrième : 

Un obscur fonctionnaire, sur les conseils d’un curieux marchand de biens franco-chinois, se lance dans l’achat et la rénovation d’appartements. Au fil de ses acquisitions, surfant sur la bulle immobilière de la capitale et accompagné d’un homme à tout faire qui réhabilite à la perfection ses logements, le jeune homme se retrouve rapidement à la tête d’une véritable fortune. Gérer un tel jackpot va s’avérer délicat… D’autant que la mort accidentelle d’une ex-employée envoie les deux hommes à la prison de la Santé. Depuis leurs cellules, qu’ils retapent de fond en comble, le duo entreprend de déradicaliser les détenus. Le succès de cette dernière entreprise remonte jusqu’à l’Elysée. Le gouvernement engage alors ces drôles de missionnaires à exporter leur méthode explosive jusqu’en Indonésie…

Ma chronique :

J’ai reçu ce roman en service presse grâce aux éditions Lajouanie et à l’auteur, Stéphane Boudy. Quand ce dernier m’a contactée pour me proposer de m’envoyer son dernier roman pour que j’en fasse une chronique – je tiens d’ailleurs à le remercier pour sa proposition, sa gentille dédicace et, surtout, la patience dont il aura dû faire preuve pour obtenir cette chronique -, je n’ai pas hésité un seul instant.  Il faut dire que la quatrième de couverture était particulièrement alléchante. Même la couverture semblait déjà donner le ton : « Roman pas policier, mais presque » … Une fortune subite et un décès fortuit, tout ça sur fond de terrorisme… avouez que ça fait envie !

Et donc je m’attendais à tout. Vraiment à tout. Sauf à ça.

D’une certaine manière, on pourrait dire que ce roman se décompose en plusieurs parties. Une première partie introductive nous permet de faire la connaissance de Loïc Nicolas, fonctionnaire à la mairie de Paris. Un homme insipide, parcimonieux et sans ambition. Jusqu’au jour où il fait la connaissance de Monsieur Ping, un homme d’affaires franco-chinois qui le convainc d’investir ses économies dans l’immobilier. Vient ensuite une deuxième partie, un peu plus longue celle-ci, où l’on découvre comment Loïc Nicolas, toujours guidé par Monsieur Ping, étend peu à peu son empire, avec l’aide de son nouvel homme de main, Blanchard. Arrive alors la troisième partie, que je décrirai de « charnière », durant laquelle survient un événement qui sera déclencheur de nombreux bouleversements.

Et puis là, c’est le drame. Le roman part en vrille, j’ai l’impression de lire un deuxième livre qui n’a presque plus rien à voir avec le premier. Car s’il reste fidèle à son parti pris de traiter de sujets de société bien réels et actuels (l’individualisme, la cupidité et la spirale du « toujours plus » dans la première moitié du livre ; le terrorisme, les manipulations politiques, la violence et la sexualisation de la société dans la deuxième), Stéphane Boudy fait cette fois le choix de les aborder sous l’angle du burlesque. Malgré la présence de personnalités contemporaines bien connues – Emmanuel Macron, Karine Le Marchand ou encore Éric Zemmour, pour n’en citer que quelques-unes -, il devient impossible de s’identifier au sort de ces anti-héros, qui se retrouvent désormais dans des situations fort improbables, où les défauts et les failles de notre société sont exagérés à l’extrême. Stéphane Boudy s’amuse, je le vois bien, et je salue sa créativité et son imagination. Mais, pour ma part, je suis restée sur le quai.

Au final, je me rends compte que ces deux mots qui figuraient sur la quatrième de couverture, « fantaisie littéraire », n’étaient pas anodins et sont sans doute ceux qui définissent le mieux ce roman assez déconcertant (en tout cas pour moi).

Les infos :
Éditeur : Lajouanie
Genre : Littérature française
Date de parution : 27-09-2019
Pays d’origine : France
Nombre de pages : 233

L’auteur :
Diplômé de la Sorbonne, ancien professeur de philosophie et candidat à diverses élections, Stéphane Boudy écrit aussi des romans. Grand voyageur, il est fasciné par l’Asie du Sud-Est et a plusieurs fois parcouru cette région du monde. Il est également co-directeur du théâtre Marguerite Duras (TMD) à Bordeaux et fondateur du PIC (Parti indépendant pour la culture). Stéphane Boudy s’est investi dans la collecte des souvenirs des résistants de la Seconde guerre mondiale après s’être immergé dans la mémoire des anciens d’Indochine.

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