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Jehanne Henin Traductrice littéraire

Festival méditerranéen du livre à Split

, 27 juin 2019

C’est un peu par hasard que j’ai appris l’existence du Festival méditerranéen du livre (Mediteranski Festival Knjige, ou MFK). Une collègue a mentionné sa participation à cet événement sur Facebook, la publication est arrivée dans mon fil d’actu et le mot « livre » a attiré mon attention. Comme quoi ça tient parfois à peu de choses…

En cliquant, j’apprends qu’il s’agit d’une foire du livre qui s’étale sur 5 jours, qu’il y a divers événements organisés tout du long de la semaine et que ça se passe à Split, à 1h30 en voiture de là où je me trouve en vacances à ce moment-là. Je regarde le programme et, bien que la journée du jeudi soit tentante – car il y sera beaucoup question de football (avec notamment Aleksandar Holiga, Ivica Pezelj et Robert Jarni) et qu’on y prévoit aussi de grands noms tels que Nikola Petković et Jurica Pavičić – , mon planning de travail ne me permet d’y aller que le dimanche. Ce qui tombe plutôt bien, puisque c’est justement le jour où l’Association des traducteurs littéraires de Croatie (Društvo hrvatskih književnih prevodilaca, ou DHKP) organise une rencontre avec Patricija Horvat dans le cadre de son programme « Un traducteur littéraire dans votre ville ».

C’est finalement sous une pluie battante que je découvre le centre sportif Gripe, à seulement quelques minutes de marche de ce haut-lieu du tourisme splitois qu’est la plage de Bačviće. Une porte, des couloirs, des escaliers, encore des couloirs… je me demande si je suis au bon endroit. Une dame ayant sans doute remarqué mon désarroi me confirme de la tête que oui oui, c’est par là. Quelques secondes plus tard, je pénètre dans une grande salle toute revêtue de bleu pour l’occasion. Sur les côtés, des gradins. Au fond, une grande baie vitrée derrière laquelle on devine une salle de sport. Au milieu, une quantité impressionnante de petits stands blancs, qui trônent tels des bateaux sur les flots marins.

MFK

Après un rapide tour de reconnaissance et déjà quelques emplettes, j’arrive devant la scène où se déroulent les diverses rencontres. J’ai manqué la première, mais la deuxième est sur le point de commencer, alors je prends place.

De la gastronomie et des gâteaux

Kruno Lokotar, Tea Mamut (Oš kolač) et le chef Ivan Pazanin sont venus en personne présenter le livre de recettes Hrvatska kuharica de Mate Janković. Comme son nom l’indique, ce superbe ouvrage rassemble 155 recettes de spécialités croates revisitées par les plus grands chefs du pays, ainsi qu’une liste des meilleurs restaurants de Croatie.

S’ensuit une discussion sur les habitudes alimentaires des Croates (assiettes trop pleines, fast food, déjeuner devant la télévision), mais aussi sur l’attention croissante accordée à la gastronomie et aux chefs grâce à des émissions comme Top Chef, etc.

Cette discussion me donne faim… Heureusement pour moi, Tea n’est pas venue les mains vides et la rencontre se termine par une distribution de petits gâteaux (sans sucre ajouté) à base d’amandes.

Kruno Lokotar, Tea Mamut et Ivan Pazanin  Oš kolač

Un océan de livres

La troisième rencontre m’intéresse moins (mais vu le nombre de personnes qui faisaient la file pour des dédicaces et photos à la fin de la discussion, j’ai certainement manqué quelque chose !), alors je reprends mon périple dans le salon, voguant d’un stand à l’autre comme s’il s’agissait d’îles et d’îlots.

Mozaik  V.B.Z

Des auteurs… et des traducteurs

Les chaises qui font face à la petite scène bleue se remplissent rapidement. D’autres sont ajoutées sur les côtés pour les retardataires. Pas de doute, cette dame qui attend, tout sourire, que les gens aient fini de s’installer attire beaucoup de monde. Et pour cause, cela fait 20 ans que Julijana Matanović régale ses lecteurs.

Interviewée par la traductrice Patricija Horvat, elle évoque son premier livre, le contexte dans lequel elle l’a écrit, puis l’accueil fabuleux qu’elle a reçu de la part du public. Ses livres portent souvent un regard sur le passé, car, selon elle, le passé est important et ne doit pas être ignoré. Comme un bel appartement a besoin de fondations solides, nous avons besoin de savoir d’où nous venons pour pouvoir nous développer correctement.

Elle parle de la société d’aujourd’hui, de la place de plus en plus importante accordée à l’ego et, partant de là, de son intérêt ambivalent pour des réseaux sociaux tels que Facebook.

Enfin, elle souligne le rôle crucial des éditeurs, dont on ne parle pourtant pratiquement jamais. Elle explique vouloir rediriger une partie de la lumière qu’elle attire vers toutes les autres personnes qui jouent un rôle dans la littérature croate.

Julijana Matanović et Patricija Horvat

Deux traductrices littéraires dans la ville de Split

C’était la raison principale de ma présence et l’événement qui clôturait le festival, c’est dire si je ne voulais pas manquer cette rencontre « Un traducteur littéraire dans votre ville », une première pour moi (mais pas la dernière, comme vous le découvrirez bientôt). Patricija Horvat, cette fois sur le siège de l’interviewée, allait répondre aux questions de sa/notre collègue Tanja Radmilo. Pendant un peu plus d’une heure et devant un public encore très nombreux, Patricija nous a raconté ses débuts en tant que traductrice, les défis qu’elle a rencontrés au cours de sa carrière (une quarantaine de traductions publiées à son actif), sa méthode de travail et ses projets pour l’avenir. Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à lire le compte rendu détaillé que j’ai écrit pour le blog de l’association TraduQtiv.

Patricjia Horvat et Tanja Radmilo

Du roman noir, du foot et un guide de survie

Bien sûr, je ne suis pas rentrée les mains vides. Voici ma petite récolte du jour, dont je vous reparlerai peut-être bientôt plus en détail.

  • « Crvena Voda » (L’eau rouge, 2017), « Žena s drugog kata » (La femme du deuxième étage, 2015) et « Knjiga o jugu » (Livre sur le Sud, 2018), deux romans noirs et un essai de Jurica Pavičić, tous parus chez Profil ;
  • « Vatreni u Rusiji » (Les « Flamboyants » en Russie) d’Ivica Pezelj, qui retrace l’exceptionnel parcours de l’équipe nationale croate à la Coupe du Monde 2018, paru chez VBZ ;
  • « Nogomet narodu » (Le football au peuple), une compilation des meilleures chroniques du journaliste Aleksandar Holiga, aux éditions Jesenski i Turk ;
  • « Croatia Strikes Back » et sa traduction croate « Hrvatska uzvraća udarac » (La Croatie contre-attaque) (tous deux parus aux éditions Vorto Palabra), la suite de « Chasing a croatian girl: a survivor’s tale » et son équivalent « Propuh, papuče i punica: vodič za preživljavanje u Hrvatskoj » (Courant d’air, mules et belle-maman: le guide pour survivre en Croatie), où l’Américain Cody McClain Brown raconte avec beaucoup d’humour sa rencontre avec une Croate et son acclimatation pas toujours sans heurts dans le pays de sa belle.

Littérature croate

Rendez-vous l’année prochaine, MFK !

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