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Jehanne Henin Traductrice littéraire

Les deux messieurs de Bruxelles

, 25 avril 2017

Les deux messieurs de Bruxelles
Les deux messieurs de Bruxelles

Chronique

Les deux messieurs de Bruxelles
D’Eric-Emmanuel Schmitt

La quatrième : 

« En amour, on croit être deux alors qu’on est trois. »

Dans la lignée de Concerto à la mémoire d’un angeLa rêveuse d’Ostende et Odette Toulemonde, les nouvelles très romanesques d’Eric-Emmanuel Schmitt parlent de l’amour sous toutes ses formes : conjugal, clandestin, paternel, filial, mais aussi amour de l’art ou amour de l’humanité. À travers un suspens subtil et ensorcelant, elles dépassent à chaque fois les apparences pour déjouer l’attendrissante complexité du cœur humain.

Ma chronique :

Je pensais initialement avoir affaire à un roman et ce n’est qu’au fil de la lecture que j’ai découvert qu’il s’agissait en fait d’un recueil composé de cinq nouvelles. Les deux messieurs de Bruxelles, qui donne son titre à l’ouvrage, est la première d’entre elles. Elle s’ouvre sur un entretien entre un notaire et une certaine Geneviève, abasourdie d’apprendre qu’un homme dont le nom lui est complètement étranger vient de lui léguer une véritable fortune. S’ensuit alors une plongée dans le passé pour découvrir la raison de cet étrange héritage. Les deux messieurs de Bruxelles est une histoire très touchante, que j’ai beaucoup aimée. C’est probablement ma préférée de toutes celles qui composent l’ouvrage. La deuxième, Le chien, est un récit beaucoup plus sombre, plus poignant aussi, qui retrace l’histoire d’un homme solitaire entretenant une relation si fusionnelle avec son chien qu’il se suicide lorsque ce dernier se fait renverser par un chauffard. J’ai en revanche un peu moins aimé la troisième nouvelle, Ménage à trois, qui ne prend vraiment tout son sens – et donc son intérêt – qu’à la dernière ligne. Mais je reconnais que le choc éprouvé en lisant cette chute vaut bien à lui seul l’effort de lire la nouvelle dans son intégralité. La quatrième, intitulée Un coeur sous la cendre, est une histoire émouvante autour du thème du don d’organe, qui donne matière à réfléchir même si le dénouement semble un peu cousu de fil blanc. J’ai par contre été décontenancée (oserais-je dire déçue ?) par la dernière nouvelle, L’enfant fantôme, qui est extrêmement courte et se termine de manière bien trop abrupte, me laissant là avec de multiples interrogations. Et je déteste ça !

Même si ces cinq nouvelles prennent place dans des lieux et à des moments très différents, toutes ont pour point commun de mettre en avant des sentiments forts entre les personnages – des liens d’amour qui, bien que présents, ne sont pas forcément exprimés -, mais aussi de mettre en parallèle, d’un côté, le tragique, l’adversité, la souffrance et, de l’autre, le courage, l’optimisme et le positif qui en ressort immanquablement. Comme toujours avec Eric-Emmanuel Schmitt, les dialogues sont bien construits, intelligents, souvent drôles, parfois impertinents. Les personnages sont décrits avec tellement d’humanité et leurs sentiments avec tant de réalisme qu’on peut s’y identifier sans peine. Je n’hésiterai en tout cas pas à qualifier Les deux messieurs de Bruxelles de page-turner, tant il m’était difficile de lâcher le livre avant de connaître la fin de chaque nouvelle entamée.

Les infos :

Éditeur : Albin Michel
Genre : Littérature française
Date de parution : 31-10-2012
Pays d’origine : France
Nombre de pages : 281
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L’auteur :

Né le 28 mars 1960 à Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), Eric-Emmanuel Schmitt est un dramaturge, nouvelliste, romancier et réalisateur français naturalisé belge en 2008. Avec des oeuvres comme Oscar et la dame rose, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Odette Toulemonde ou encore L’Évangile selon Pilate, il est l’un des auteurs francophones contemporains les plus lus et les plus représentés au monde. Il a été traduit en 40 langues et joué dans plus de 50 pays. Toutes ses oeuvres en français sont éditées par Albin Michel.

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