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Jehanne Henin Traductrice littéraire

Celle que vous croyez

, 29 mai 2016

L'objet de la chronique
Celle que vous croyez

Chronique

Celle que vous croyez
De Camille Laurens

La quatrième : 

Vous vous appelez Claire, vous avez quarante-huit ans, vous êtes professeur, divorcée. Pour surveiller Jo, votre amant volage, vous créez un faux profil Facebook : vous devenez une jeune femme brune de vingt-quatre ans, célibataire, et cette photo où vous êtes si belle n’est pas la vôtre, hélas. C’est pourtant de ce double fictif que Christophe – pseudo KissChris – va tomber amoureux.
En un vertigineux jeu de miroirs entre réel et virtuel, Camille Laurens raconte les dangereuses liaisons d’une femme qui ne veut pas renoncer au désir.

Ma chronique :

Gros coup de cœur que ce roman acheté au Salon du livre de Paris ! J’avais lu des critiques positives dans de nombreux magazines et la quatrième m’inspirait. Aussi, quand je l’ai aperçu en me baladant sur le stand de Gallimard, je n’ai pas pu résister. J’ai commencé à le lire à peine installée dans le Thalys du retour et je dois dire que les premières pages ne correspondaient en rien à ce que je m’étais imaginé. Au début, ça m’a fait un peu peur. Mais au final, je suis d’autant plus ravie d’avoir découvert ce livre, qui a réussi à me surprendre tout au long de ses différents chapitres.

Claire est une femme dans la quarantaine, divorcée et fraîchement séparée de son dernier petit ami en date, Jo. Pour rester en contact avec ce dernier (et le surveiller discrètement), elle se crée un faux profil Facebook et prend l’apparence d’une jolie jeune femme de 24 ans. C’est ainsi qu’elle fait la rencontre virtuelle de Chris, un ami de Jo, dont elle tombe peu à peu amoureuse. La situation se complique alors que Chris semble lui aussi de plus en plus attaché et désireux de la rencontrer « IRL ». Comment lui expliquer, sans le faire fuir, que la femme dont il pense être amoureux n’existe pas et que la vraie Claire a en réalité 20 ans de plus (et du coup, 10 de plus que lui) ?

Comme l’indique très justement le titre, cette histoire tourne autour des faux-semblants et de la tendance que nous pouvons avoir à édulcorer la réalité afin de la rendre plus supportable… Quitte à mentir aux autres et à soi-même. Mais surtout, Camille Laurens aborde une thématique relativement difficile (les femmes seraient-elles dotées d’une date de péremption aux yeux de la société ?) en y ajoutant une bonne dose de psychologie et en s’autorisant même un zeste de suspens.

Le mode de narration se révèle assez déroutant au début puisqu’il s’agit de la retranscription sans ponctuation des paroles du narrateur, le lecteur étant obligé d’imaginer les réponses de l’interlocuteur. Autre surprise : « Celle que vous croyez » est un roman gigogne, ce qui signifie que la même histoire est racontée selon différents points de vue, comme un récit dans le récit… Surprenant et terriblement bien construit, ce roman se distingue également par une belle écriture, qui reste néanmoins accessible (et non pompeuse à outrance comme on le voit parfois dans la littérature française). Au risque de me répéter, j’ai vraiment adoré cette histoire qui m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page grâce à ses nombreux rebondissements. À peine pense-t-on avoir compris la situation qu’on s’aperçoit qu’il n’en est rien.

Je ne sais pas si Camille Laurens est celle que je crois, mais si vous voulez mon avis, je crois que c’est un génie.

Jehanne, comblée

Les infos :

Gallimard
Genre : Littérature française
Date de parution : 01-01-2016
Pays d’origine : France
Nombre de pages : 192

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L’auteure :

Camille Laurens, de son vrai nom Laurence Ruel-Mézières, est née le 6 novembre 1957 à Dijon. Agrégée de lettres, elle a enseigné à Rouen avant de partir au Maroc, où elle a passé douze ans.
Son œuvre littéraire, qui se distingue par sa fantaisie imaginative et « une réflexion constante autour du rapport entre la fiction et la réalité, l’illusion et la vérité », lui a valu de nombreux prix. Elle a notamment été nommée officier dans l’ordre des Arts et des Lettres en 2006.

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